Du coeur criminalisé au coeur sacré

Combien de fois avons-nous entendu parler des « risques cardiovasculaires » ?

Le coeur de chair est bien malmené de nos jours, entre les emplois infects et les peurs quotidiennes « d’arriver en retard », ou de « prendre les transports le soir », et autres psychoses que notre molle société urbaine suppose…

Aussi craignons-nous ce coeur qui « nous lâche », pour des causes héréditaires ou alimentaires.

Assurément, l’alimentation moderne est un désastre, si bien qu’il importât d’affubler certains produits d’un label « bio » alors qu’a priori, tout se qu’on consomme devrait être « bio »…

Les cardiologues sont riches, et « une heure de footing » par semaine ne suffit pas à résorber des problèmes plus profonds (seulement à les fuir momentanément)…

À la « sédentarité » s’ajoute l’endurcissement des coeurs, dont ceux des plus sensibles qui n’osent plus ressentir…

Facilement, le coeur se gorge d’adrénaline dans une situation inconnue. Il se serre dès que notre volonté n’est pas accomplie. Il se nécrose quand il aime trop les choses terrestres, matérielles, faciles et temporaires ; soit, précisément, tout ce que notre basse société promeut : dating, fast-food, bingewatching… Des mots étrangers mais que, bizarrement, tout le monde connait.

L’anglais moderne n’est jamais que le langage du souverain marché international…

Mammon et Asmodée ont donc tout intérêt à éveiller nos plus bas désirs plutôt que notre espérance.

Mais comme le chantaient les Stones, groupe, certes, un tantinet démoniaque :

« You can’t always get what you want, but if you try sometime, you may get what you need… ».

Même dans leurs élans concupiscents, le premier des boys band chanta la louange de la Providence.

« Abandonne ta volonté et fie-toi à celle de Dieu. Lui seul sait ce qui est bon pour toi ! ».

Car, selon Christ-Roi :

« Qui veut en effet sauver sa vie la perdra, mais qui perdra sa vie à cause de moi, celui-là la sauvera » (Luc 9:24)

Et nous faisons la volonté du Bon Dieu quand, d’abord, nous écoutons les besoins de nos coeurs, et ensuite nous marchons dans la voie qui s’ouvre à nous.

« Il y a dans le coeur de l’homme beaucoup de projets, Mais c’est le dessein de l’Eternel qui s’accomplit » (Proverbes 19:21).

Encore faut-il embrasser le silence, par exemple dans sa resserre, dans un sauna ou, idéalement, devant le Très-Saint-Sacrement.

Puis vous entendrez, sûrement avec un peu d’étonnement, que ce coeur a une parole. Selon vos dispositions du moment, il vous fera soit entendre de mauvaises paroles (dans ce cas, empressez-vous de pardonner ou d’abandonner la cause au Seigneur Dieu) ; soit des paroles de joie parce que vous êtes sur le bon chemin.

« Il y a dans le coeur de l’homme beaucoup de projets, Mais c’est le dessein de l’Eternel qui s’accomplit » (Proverbes 19:21).

Ne songez pas à aller seul sur le chemin.

Et que de fatigue de lutter contre la Volonté !

Je vous renvoie aux bons travaux de l’Abbé Joël Guibert sur la sérénité que l’on obtient dans l’abandon à la Providence. Un abandon qui ne se confond pas avec la résignation, le relâchement ou le renoncement…

Les mots ont un sens et l’abandon est non plus sans lien avec le « lâcher prise » ou autre grossièreté new age du business du « développement personnel », cette pseudo-doctrine qui propose des palliatifs ridicules dans une société à re-christianiser…

« Le coeur de l’homme médite sa voie, Mais c’est l’Eternel qui dirige ses pas » (Proverbes 16:9).

D’où vient alors ce coeur qui est le siège de la Divine volonté ? Certainement de très haut… Peu étonnant que le monde cherche à nous en écarter.

Mais ce coeur est en nous, il vit et l’on peut dire sans risque… qu’il bat.

Il vibre aux chants du Ciel, il frémit face au Sacré, il glorifie le beau, il soutient l’effort, il veille sur notre repos, il réagit au bien, il exulte dans l’amour, il brûle dans la foi, mais il meurt dans le mépris et dans la haine.

Chacun à un coeur (autre pensée subversive), et il ne demande qu’à être aimé.

Que les baptisés dans le Christ ne s’inquiètent pas pour les conversions. Tout corps qui abrite un tambour battant est coiffé d’une tête qui ne demande qu’à recevoir une parole, ou un chant.

Une parole ou à un chant qui fissure l’armure de l’athéisme subi.

Tout coeur aspire au bonheur.

Que les baptisés se fassent hostie dans la rivière du Jourdain, pleine de péchés. Que les bons coeurs illuminent les ruelles obscures. Que chacun soit amené au bon chemin.

Qu’ainsi soit réalisée en vous la prophétie d’Ezéchiel :

« Je vous donnerai un coeur nouveau, et je mettrai en vous un esprit nouveau ; j’ôterai de votre corps le coeur de pierre, et je vous donnerai un coeur de chair » (36:26).

« Car là où est ton trésor, là aussi sera ton coeur » (Matthieu 6:21)