Quelques fruits spirituels du pèlerinage de Chartres

  1. Marcher derrière Notre-Seigneur Jésus-Christ (ni plus ni moins)

Chacun est concentré sur sa marche, et l’on pourrait rapidement ressentir que l’on avance seul…

Toutefois, ni ennui, ni solitude ne se font ressentir sur la route de Chartres.

Pourquoi ?

Parce que le Ciel célèbre ce cortège très nombreux, non pour ses vertus surnaturelles ou pour sa foi à déplacer des montagnes, mais parce que Jésus-Christ est en tête du cortège.

L’on nous répète souvent à l’église, et à juste titre, que nous devons laisser entrer Jésus dans nos coeurs, et poser ce fiat comme le fit la Vierge Marie recevant sa très sainte mission.

Ainsi ce « oui » posé à souffrir l’épreuve, sommes-nous enclins à accepter les fruits spirituels y afférents, dont des jambes soutenues par un mouvement qui n’est plus tellement humain.

Encore faut-il l’accepter et y croire.

  1. Recevoir la force de l’Esprit-Saint et ses inspirations

a. Une charité quasi inaltérable

En société et au quotidien, pas simple de tendre la main au prochain. Plus difficile encore de ne pas le juger pour ses faiblesses apparentes ou supposées.

Toutefois, nous nous surprenons de la facilité avec laquelle nous nous inclinons, durant le parcours, à rendre service. Qu’il s’agisse d’offrir quelques gorgées d’eau au prochain, de le remettre sur pied (littéralement) ou de prêter 50 euros (qu’on ne reverra jamais)…

Vers Chartres, nous semblons accomplir, avec une rare facilité, quelques commandements du Christ, saluant l’inconnu, faisant deux mille avec lui et lui prêtant sans nous dérober.

C’est l’Esprit de charité, auquel nous ne songeons que trop rarement hors du temps du Carême, qui agit dans la difficulté.

b. Une énergie illimitée

10 heures de marche et 3 heures de sommeil chaque nuit, durant 3 nuits ? Aucun problème.

Au campement, une voix très désagréable vous réveille à 5h du matin à la faveur d’un super speaker ? Pas de souci.

De même, les 30 kilomètres sous 35 degrés sont surmontés dans un esprit de foi, avec le chapelet à la main et l’oraison au coeur.

  1. L’ennui vaincu

Pas d’ennui au pèlerinage de Chartres. Sauf quand la discussion ou le chant est pénible…

On comprend alors que l’ennui, au sens le plus profane du terme, est profondément un vide qui n’est pas occupé par Dieu. Non que certains seraient plus favorisés que d’autres, mais parce que d’autres Le rejettent indéniablement.

Ainsi, l’Esprit agissant : l’âme est remplie, le coeur aussi, la tête également et les jambes tout autant.

Toute l’âme est engagée et le corps et l’esprit n’ont plus qu’à suivre…

  1. Une tête remplie et vidée des futilités

Aspiration à laquelle nous devons tous tendre : une tête vidée des choses futiles. La tête est désormais investie d’un but, avec l’obsession d’arriver au bout du chemin, sans s’écrouler ni tricher avec des « voitures-balais. »

La tête est remplie de l’image des gens de foi qui nous entourent, et par une vague idée de la cathédrale, qui serait la même que l’on se ferait du Règne des cieux.

Même si, en fin de course, nous ne pouvons accéder ou voir la surface de la cathédrale, nous arborerons fièrement nos plaques urticantes causées par des chenilles volantes, dont les démangeaisons semblent être l’image de la tentation.

Désormais, l’Esprit de force nous protège et nous aide et avec le secours de Dieu, il ne nous quittera pas.

Deo Gratias.