Vous pensiez que la foi vous donneriez immédiatement joie et bonheur ? Non.

Eventuellement, la joie de la clarté et le bonheur de la paix, mais cette lucidité soudaine vous écartera un peu plus du monde.

Aussi l’esprit résiste, ou se montre indifférent.

Dois-je prier ? Aller à la messe ? Lire la Bible ?

Apparemment, tout cela à la fois.

Mais des habitudes de péchés ne se résorbent pas en trois jours, et n’est pas Saint Paul qui veut (et qui peut).

Lorsque l’on est un urbain né dans une société molle, Dieu nous évite sûrement de nous envoyer prêcher dans les synagogues et parmi les nations, et de nous prendre quarante coups de bâton, moins un, ou de nous exposer aux naufrages aux des lapidations.

Ainsi est-il « naturel » de glisser et d’appeler, de nouveau, cette bonne amie toujours disponible pour une soirée (et encore un peu amoureuse), ou de s’adonner à d’autres solitudes qui sont légèrement honteuses.

L’esprit est pris dans une dualité en bien et le mal, le bon et le mauvais, le sain et le péché, puisque, dans un premier temps, sous couvert d’aider, de consoler et de relever, on se satisfaisait d’abord soi.

C’est ensuite, et seulement, dans un second temps que l’on conçoit l’aide à autrui comme un don gratuit.

Avant cela, la moindre invitation, la moindre mondanité nous assèche, tout comme n’importe quelle occasion de briller. À ces moments, le malin a ceci de puissant qu’il nous éloigne de la prière avec force facilité. Mais c’est dans la solitude et le silence que vous êtes relevé. Quelle patience du Très-Haut !

Le don de la foi est comme une promesse de mariage, avec une épouse qui pardonne toujours. Cette promesse qui s’ouvre par une période de fiançailles, faites de joies et surtout d’épreuves, où sont éprouvés patience et détermination.

Et pour vaincre, une infinité de grâces sont à demander, dont celle de discerner la voix du bien et du mal. Car le malin tâche de nous diluer dans la gloutonnerie (nous rendant toujours très charnel), dans l’opulence (nous rendant tiède et ingrat) ou dans le trouble (nous culpabilisant de notre manque ou de notre surcroît de zèle).

Rien n’est mieux à faire que de continuer à étudier la divine science, à prier, à s’ouvrir et à voir la parcelle d’éternité en l’autre (et cette partie qui est la plus difficile)